On s'est donc retrouvés deux jours plus tard pour prendre le bus, en tout 22 h d'un periple semé d'embuches. Après 6 heures sans encombre, le bus s'arretent sur le bas côté. Problème electronique, nous avons patientés 6 heures sur la bande d'arrêt d'urgence pour finalement changer de car.
Un stop au beau milieu du désert...
En tout, le bus est tombé trois fois en panne, sur un trajet de 22h, c'est presque des détails... On est finalement arrivé au alentour de 2h du mat à San Pedro. Le départ pour la bolivie était
prevu le lendemain à 7 heures. On cherche un camping (on reveille la duena...) et on essaye de dormir. C'est dans ce genre de situation que la mention température extrème d'un duvet prend
tout son sens. Perso, j'avais un 10°C confort et je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit, je ne sentais plus mes pieds!!
Les tours en Bolivie au départ de San Pedro sont très bons marchés. Ils coûtent 80 euros avec inclus la nourriture, l'"hotel", le guide et le 4x4 pour 4 jours. Bien sûr il y a un petit hic, tout
les guides touristiques nous mettent en garde sur l'aspect spartiate de ce tour, et au fond ils n'ont pas tort. Mais bon, pour une bande de "djeun's" comme nous, ca passe large! Dans notre tout
terrain, nous etions 6 francais, les deux nouveaux était parisiens. Présentation générale: trois grenoblois, Brice, Camille et Clément de l'ENSGI, Astrid et Charly les parigos.
1er JOUR:
Le premier jour a été un emerveillement total. je ne connessais pas l'ambiance des déserts: des paysages immenses, des distances et des perspectives completement chamboulées. Le silence était
total, la pollution totalement absente. Un grand bol d'air frais avec un tour à 4000 m d'altitude de moyenne. Les paysages sont des superbes mélange de couleurs, avec un palette jouant sur
les ocres, les jaunes sans oublier le bleu profond du ciel. Enfin bref, je vous laisse voire les photos...
Petit remake de "Into the wild" à la frontière Chili-Bolivie
La "Laguna Blanca" avec Brice le grenoblois, GI (je sais ca change pas trop...)
La "Laguna Verde" avec le volcan "Licancabur" dans le fond (à 6000m..)
Après une matinée grandiose, nous avons fait une petite halte au milieu de nul part. Et là, surpise, un source naturelle d'eau chaude se trouvait la pour nous régaler (et nous laver aussi, pas de
douche le soir...). L'eau était à 38 degrés pour une température extérieure de 10°C. Ce fut tellement plaisant qu'à la sortie nous avions les jambes cotoneuses et l'esprit à moitié dans les
vappes...
La lagune partiellement glacée (quand je vous disez qu'il fait froid la nuit!!)
L'après-midi a été marquée par la visite des Geysers. Un lieu étrange où l'on sent le terre vivre et vibrer sous ses pieds: des eaux bouillonantes aux couleurs variées, une odeur de souffre
qui vous prend les narines et des fumerolles de vapeur qui enveloppent les visiteurs..
Une longue journée comme cellec-ci aurait mérité un repos dans une chaumière, les chaussures délicatement posées près d'un grand feu. L'hotel était largement acceptable mais il manquait des choses pour ainsi dire essentielles comme le chauffage, l'electricité et l'eau chaude. Leur technique pour bien dormir fonctionne aussi, elle consiste a accumuler le maximum de couvertures, j'en avais 6 si mes souvenirs sont bons.
Les repas étaient copieux en général: une grosse soupe en entrée histoire de se réchauffer l'intérieur à défaut de pouvoir se chauffer l'extérieur, du riz et de la viande. Ce soir là, nous avons eu droit à un steak de Lama, la ressemblance est grande avec le porc, juste un petit goût en plus qui ne me plait guère.
Petite marche vers une colline proche de l'auberge histoire d'admirer la vue, et aussi, histoire de se faire un 4000. Et oui cette petite colline qui ne parait pas mechante est à 4000m. On la montait rapidement et je vous jure que j'en pouvais plus en haut. Même pas le courage de boire la bière que nous avions emportés pour fêter cette "ascension". Petit bémol: la nuit a été plus rapide, nous avons ratés le coucher de soleil...
2eme JOUR:
Le reveil pour le deuxième jour était aux aurores, vers 7 heures du mat. Après un déjeuner digne d'un bonne hotel, une très mauvaise nouvelle nous attendait. L'ensemble des chauffeurs du convoie étaient totalement "torchés" (le notre un peu moins, plus vieu donc plus sage). Ils avaient trop de mal à parler, tenaient à peine droit et chantaient à tu tête des chansons boliviennes. En fait, je pense que ca arrive à chaque fois, la faute au froid rude de la nuit. Les chauffeurs doivent se reveiller à 4 heures pour démarrer les voitures afin d'éviter un blocage des moteurs. Le seul moyen de se réchauffer et de patienter est de se bourrer la gueule (il doit y avoir d'autre moyen mais eux ont choisis celui là..).
Face à cette situation un peu délicate, un petit rapport de force s'est installé, les espagnols et les allemands ne voulant pas partir dans ces conditions. A l'unanimité, nous avons voté une grève d'une heure, le temps qu'ils désaoulent un peu. Par peur qu'ils continuent, nous sommes restés dans les parages pour les surveiller.
Au final, le départ s'est fait deux heures plus tard. Chose surprennante, un chauffeur Bolivien peut être completement saoul et reussir à ranger des bagages en équilibre sur un toit ou bien à conduire (presque) bien.
Notre chauffeur n'a pas arrêté de parler toute la journée, répétant mille fois les mêmes choses, symptôme évident d'une alcoolémie notoire...
Cette petite anecdote n'aurait pas été bien méchante si elle n'avait pas eu de conséquences. A cause des problèmes de carburant en Bolivie et de l'état du bonhomme, nous avons suivis le chemin du retour pendant toute la journée sans même nous en rendre compte. Nous avons donc loupé pas moins de trois lagunes et un volcan. Grosse arnaque! Ce fut donc une étape de transit avec tout de même de très jolies choses...
Facile les enclos à moutons ici, des trous naturels dans les rochers!
Un cactus spécial, tout doux comme un gros pouf...
Un gamin portant une casquette me montrant du doigt, oh le vilain!
Une gare au milieu du désert. Perso, j'aurais dis "désafectée" mais en fait des trains passent toujours.
3eme JOUR:
La nuit a été très reposante. Enfin une auberge avec eau chaude, chauffage et tout plein de monde pour boire des coups. La vieille, nous étions arrivés à la tombée de la nuit au bord du salar
d'Huyuni, objectif du troisième jour. Le salar d'huyuni est la plus grande mer salée du monde, 12000 m² de sel à perte de vue réfléchissant un soleil intense, le tout perché à 3000m. On s'est
d'ailleurs posé la question du pourquoi de l'existence d'une mer à cette altitude, l'explication du guide, bien que mignonne, ne nous a pas convaincu...(genre: Dieu a remonté la mer ici pour
donner du poisson à la population..)
On circule sur cette mer en voiture comme sur un bateau, jetant l'ancre où bon nous semble, s'acostant sur les différentes îles du Salar...
Clément s'est fait un nouveau pote.. (ndlr: isla del pesco)
Aie, ça pique!!
Le sel fait des sortes de mega-cristaux
Dorro, notre guide, dans son superbe 4x4..
La mer était tellement immense que les profondeurs n'était perspectibles. Nous en avons profité pour faire quelques photos "artsistiques".
De gauche à droite: Camille, Clément, Charly, Astrid. Premier plan: Brice
Non maman, c'est pas un pétard, juste Clément allongé au loin!
Un hotel construit entierement en sel (les murs, les chaises, les
lits, tout tout tout...)
Après l'escursion dans le Salar, nous voilà de retour à Huyuni. Bonne surprise, on est arrivé en pleine fête de la vierge. Ca ressemble en rien à une fête religieuse, en tout cas pas comme chez
nous. Ici, ils ne se gênent pas pour boire et danser. Au programme, défilé dans la rue principale toute la journée, tout le monde danse, du plus petit boutchou à la plus vieille grand mère..
Le défilé avec au premier plan une mère et son petit en habit traditionnel
Un des
multiples orchestres défilant durant la journée
4eme JOUR:
Dernier jour consacré au retour au Chili, snif, et de profiter un peu de San Pedro.
Paysage lunaire sur le chemin du retour..
"Valle de la Luna" proche
de San Pedro avec Clément tel un astronaute aventurier.
Pour finir ce séjour en beauté, on a opté pour une activité plus fun, le sandboard (snowboard sur le sable). Une voiture nous a conduit jusqu'à la "Valle de la Muerte" au pied d'une immense dune.
Là, très exités, nous avons grimpé direct au sommet pour nous délecter d'une nouvelle sensation de glisse. Première impression, ca rame du cul (trad pour les anciens: ca avance pas). On m'avait
prévenu mais, au final, c'est pas si gênant et on a bien rigolé. Tout le monde savait rider (sauf Clément) ce qui nous a permis d'y arriver rapidement et de nous dispenser des conseils de notre
moniteur insuportable. Une sorte de "Brice de nice" qui se la pétait trop, qui voulait nous parler à tout pris en anglais et qui nous faisait un gros check à chaque descente..
Le voyage de retour en bus s'est bien passé. Eprouvés par toutes ces aventures, on a dormis comme des bébés. J'espère pouvoir refaire des voyages comme ça rapidement. Ca m'a tellement marqué, bizarre de retrouver la mégalopole Santiago. Au passage, je conseil à tout le monde de voyager. Je pense très fort à mes 4 inséparables baroudeurs avec qui j'aurais adoré faire un tel voyage (ils se reconnaitront..).
Biz à tous
PS1: Je remercie aussi bien fort papa et maman sans qui ce genre de voyage ne serait pas possible ;)
PS2: J'ai pris la plus grosse boîte de ma vie sur une bosse taillée dans la dune. A deux doigts du trauma cranien. C'est dur le sable en fait! A voire bientôt sur mon blog...
Bon la c'etait pas de ma faute. Vous allez me dire
que je dis tout le temps ca. Bon d'accord c'etait un peu de ma faute. La petite histoire s'est passe dans la cuisine. J'ai prepare un plat de lasagne suculent et, au moment de l'enfourner, je
suis tombe sur un four etrange. Je tourne le bouton et attent un peu de voir si ca chauffe. Pas de resultat. Par precaution je tourne le bouton dans l'autre sens et je pars appele Carmen,
la dueña, pour quelques explications suplementaires. Tres gentille, elle m'explique que c'est un four a gaz et en l'espace de quelques secondes, elle prend le feu et le glisse dans le four. Grosse
explosion. Les cheveux et les poils de Carmen ont crames. Ne gerant pas encore en espagnol, je lui explique que chez moi les fours ne sont pas comme ca et essaie de m'escuser platement.
Enfin, le mal etait fait.
Mon
campus (on voit une croix en haut car l'université est catholique)
Nous avons fait une journée très culturelle avec pas moins de deux visites enchainées. Le
matin, nous sommes allés à la casa de Pablo Neruda, le célèbre poète, qui a été transformée en musée. Elle se trouve dans un quartier assez beau de Santiago avec des maisons colorées et
des restos sympas (toute la ville n'est pas aussi belle malheureusement). La visite était très interessante, une guide passionnée nous a expliqué en détail les liens entre l'âme artistique
du poète et sa maison. En bref, je comprenais tout, ca m'a fait bien plaisir :)